10 idées fausses

Attirer l’attention

Les personnes qui parlent de leur intention de se suicider ne le font que pour attirer l’attention.

Il ne faut jamais minimiser les intentions de se suicider d’une personne. Il peut s’agir d’un appel à l’aide. La douleur et la souffrance sont à l’origine de cet appel au secours. C’est une façon de dire aux autres que ça ne va pas. Il peut arriver qu’une personne tente de manipuler une autre personne en menaçant de se suicider, il faut être conscient que cette attitude révèle d’un trouble et/ou d’un mal être dont­il faut s’en occuper.

Troubles mentaux

Les personnes qui se suicident souffrent nécessairement de graves troubles mentaux.

Une crise suicidaire n’indique pas nécessairement que la personne a des problèmes de santé mentale. Les troubles mentaux peuvent être, par exemple, la dépression ou une dépendance aux drogues ou à l’alcool. Bon nombre des personnes qui vivent avec des troubles mentaux n’ont pas de conduite suicidaire et toutes les personnes qui se suicident ne présentent pas de trouble mental. La plupart des personnes qui met fin à leurs jours sont comme tout le monde. Seulement, certaines ont accumulé un certain nombre de difficultés affectives, professionnelles ou financières devenues trop dures à supporter. D’autres ont aussi eu une enfance traumatisante, qui ne leur a pas fourni les outils affectifs nécessaires pour surmonter les vicissitudes de la vie.

Décidés à mourir

Ceux qui passent à l’acte sont vraiment décidés à mourir.

Il faut toujours prendre au sérieux l’intention suicidaire. Elle est l’expression d’un malaise, un appel à l’aide, un cri d’alerte qu’il faut entendre et auquel il faut répondre. Les personnes suicidaires ne savent souvent pas si elles veulent vivre ou mourir. Par exemple, elles vont agir de manière impulsive en ingérant des pesticides et mourir quelques jours plus tard alors qu’elles auraient en fait voulu continuer à vivre. Le suicide représente à ses yeux son seul moyen de mettre fin à sa souffrance. La personne qui passe à l’acte n’a donc pas vraiment le désir de mourir car elle veut avant tout mettre fin à une douleur insupportable et cela, après avoir tenté de plusieurs façons, de trouver une solution à ses problèmes. L’accès à un soutien psychologique à temps peut permettre d’éviter un suicide.

Choix personnel

Le suicide est un choix personnel, cela ne sert à rien d’intervenir.

On entend souvent dire que le geste suicidaire est le choix de l’individu, que c’est lui ou elle qui décide de mettre fin à sa vie. Il est toujours difficile d’aborder la question du choix parce qu’elle vient heurter la notion de liberté fondamentale. Par le biais du suicide, l’individu ne recherche pas nécessairement la mort, mais une manière de mettre fin à la souffrance qui a atteint un seuil insupportable. Pour l’individu qui croit avoir épuisé toutes ses ressources, le recours au suicide peut sembler la seule solution à une douleur devenue accablante. En fait, ce n’est pas que le suicide soit le seul choix qui lui reste mais probablement le seul choix que l’individu en souffrance perçoit et auquel il porte de plus en plus attention. Le suicide ne résulte donc pas vraiment d’un choix mais d’un manque de choix. La personne croit à tort qu’il n’y a plus d’autres possibilités pour arrêter de souffrir. En réalité, il est toujours possible d’intervenir.

Geste imprévisible

On ne peut pas faire de prévention du suicide car il est imprévisible

Il est rarement imprévisible. Lorsqu’on connaît bien la personne, on peut quand même s’apercevoir de ses changements de comportement. En général, plus la personne est proche du passage à l’acte, plus elle est prête à en parler de façon explicite. Il existe évidemment des cas soudains mais il est important de comprendre les signaux d’alarme et de savoir les repérer.

Voici des exemples qui peuvent vous alerter sur : Renseignement. Il est très important d’être à l’écoute. Mais il arrive parfois que l’on préfère ne pas voir ces signaux, car le suicide fait peur. Malgré tout l’amour que l’on peut porter à ses proches, il y a des choses qu’on a du mal à accepter et à envisager.

Hérédité

Le suicide est héréditaire.

Les familles qui ont perdu un proche par suicide s’inquiètent souvent du fait que le suicide pourrait être héréditaire et donc se «transmettre» à d’autres membres de la famille. Il n’y a pas de gène du suicide, il n’est donc pas héréditaire biologiquement. La dimension du tempérament tel que l’impulsivité ou d’autres pathologies comme les psychoses peuvent être des facteurs de transmission associés à l’hérédité. L’impulsivité est considérée comme un facteur de risque au suicide comme parmi tant d’autres. On peut voir plusieurs cas de suicides dans une même famille, mais ce qui se transmet, c’est l’état dépressif, la dimension du tempérement ou d’autre pathologies. Lorsque la souffrance n’est pas soignée, elle peut passer d’une génération à l’autre. Il faut donc en parler, car c’est le tabou et les non­-dits qui favorisent la répétition des comportements.

Joviale

Une personne joviale est à l’abri du suicide.

Parfois, utiliser l’humour ou “faire le clown ”, est une façon de pallier une souffrance que l’on garde à l’intérieur de soi. C’est un masque que les personnes se mettent. Cela les apaise et rassure leur entourage. Mais il y a souvent un grand écart entre la réalité du vécu intérieur et cette image qu’elles donnent d’elles.

Suicidaire toujours

Suicidaire un jour, suicidaire toujours.

Mis à part pour certains malades psychiatriques, ce n’est pas le cas. Certes, une tentative de suicide reste le facteur de risque le plus important d’une répétition du geste suicidaire. Mais si la crise suicidaire a été correctement gérée, il est possible, heureusement, de retrouver le désir de vivre et le goût de la vie. Il se peut que la personne ait acquis de nouvelles habiletés liées à la résolution de problèmes et qu’elle ne revive plus de crise suicidaire. Le risque majeur de suicide se manifeste souvent sur le court terme et dans une situation précise. Si les pensées suicidaires peuvent revenir, elles ne sont que temporaires. Une personne ayant déjà eu ce genre de pensées et fait des tentatives de suicide peut vivre jusqu’à ses vieux jours. Il est donc faux de croire qu’un individu qui a, un jour, été suicidaire le sera toute sa vie.

Ne pas être sauvé

Toutes les personnes qui tentent de se suicider ne veulent pas être sauvées.

Toute tentative doit être considérée comme un acte grave car de nombreuses personnes répètent leur geste. Les personnes qui font tout pour que leur intention de mourir soit repérée, en laissant les portes ouvertes par exemple, lancent un appel au secours. Elles sont en très grande détresse et demandent à être sauvés.

Lâcheté

Ceux qui veulent se suicider sont lâches.

La personne suicidaire est dans le ressenti, dans l’émotion. Or, une émotion n’est ni lâche ni courageuse, elle est vécue pour ce qu’elle est. Juger l’acte de cette manière permet, pour ceux qui restent, de se rassurer.