Besoin d’aide ou besoin d’aider ?

Aider… une amie ou un ami qui pense peut-être

    - Lui parler de son ras-le-bol, de son envie d’en finir (sans le juger surtout, en l’écoutant simplement …)

    - Lui faire part de votre inquiétude de le voir si mal (et de votre envie de l’aider, parce qu’il peut aller mieux…)

    - Savoir qui est au courant de cette situation (lui demander qui peut être au courant, qui d’autre peut l’aider, ses parents, un professeur, vos parents, d’autres amis…) En résumé : Face à une crise suicidaire, l’attitude à adopter est toujours un peu la même : explorer la crise, évaluer la dimension d’urgence et de dangerosité, et surtout créer du lien pour (et autour de) la personne suicidaire qui ne devra pas rester isolée ou se sentir seule et abandonnée.

Aider… mais que demander

    Il y a des solutions pour aider une ou un ami qui pense peut-être au suicide. Mais que lui demander, pour l’aider au mieux ?

      Si la personne a déjà pensé au suicide
      Si oui : a-t-elle envisagé comment se tuer
      Si oui : a-t-elle déjà établi un projet pour se tuer

    - Si oui, il faut tout faire pour s’interposer dans ce projet : prévenir les proches de la personne en question (elle a besoin d’eux), ne pas laisser la personne seule (elle a besoin de vous), se relayer auprès de la personne (on ne peut tout assumer soi-même), la déposséder – de force s’il le faut – de ses médicaments, de l’arme ou des clefs de son véhicule.

    - Si le projet n’est pas défini : insister sur le non-choix qu’est le suicide, chercher avec la personne suicidaire ce qui pourrait l’aider (personnes, activités, organisation, etc.), insister sur le caractère irréversible de la mort.

Promettre de n’en parler à personne

    Tu as discuté avec une personne suicidaire, tu l’aides à trouver des solutions, mais elle t’a fait promettre de ne le répéter à personne ? Maintenant, tu penses la trahir en allant demander de l’aide pour l’aider, en parlant de cette situation à quelqu’un d’autre ?

    Garder une telle confidence, un secret aussi lourd est très dangereux – aussi bien pour cette personne que pour toi – Tu ne peux aider cette personne, trouver des solutions, sans en parler à quelqu’un d’autre, sans demander des conseils. Tu dois donc essayer de la convaincre d’en parler aussi à quelqu’un d’autre, un ami, un proche, un parent, un professeur ou un professionnel.
    Si vraiment cette personne souhaite garder le silence, cette situation est une position difficile à assumer et délicate. Tu dois te faire aider pour aider cette personne (rubriques « téléphones utiles »).

    En matière de suicide, le silence est de mauvais conseil !

    Parler, pour mieux aider, n’est pas une trahison. Au contraire. La personne que tu aides, plus tard, te sera reconnaissante de tes démarches, te sera reconnaissante d’avoir appelé des professionnels compétents.

Aider… mais parler du suicide ce n’est pas facile

    Parler du suicide, ce n’est pas facile. D’autant plus, qu’il existe des idées fausses sur le suicide qui rendent toute discussion impossible :

      «S’il en parle, il ne le fera pas !» C’est faux !
      «Il n’y a que les fous qui se suicident !» C’est faux !
      «S’il veut se suicider, personne ne peut l’en empêcher !» C’est faux !
      «En parler, c’est le provoquer !» C’est faux !
      «Le suicide, c’est héréditaire !» C’est faux !

    Tout le monde peut un jour ou l’autre penser au suicide quand il rencontre des difficultés qui lui semblent insurmontables.

    Le suicide n’est pas héréditaire.

    Il faut toujours prendre au sérieux quelqu’un qui parle de suicide.

    Accepter d’en parler, sans jugement, sans se moquer, sans banalisation, c’est reconnaître la détresse de l’autre, c’est rompre l’isolement de la personne suicidaire.

    En matière de suicide, le silence est de mauvais conseil !

Aider… mais sans faire ou dire certaines choses

    Il ne faut pas banaliser les idées suicidaires d’une personne !

    Les propos suicidaires sont toujours à prendre au sérieux !
    - Il ne faut pas : « Attendre que ça se passe ! »
    - Ne pas non plus : Juger, se moquer ou humilier la personne qui se sent mal.
    - Eviter de distribuer des recettes aussi simples qu’inefficaces comme : « N’y pense plus ! »  ; « Secoue-toi ! » ; « Va faire du sport ! », etc. Lorsque tu aides une personne, évite de lui dire : « Ça ira mieux demain », en guise de toute discussion et conclusion. « Tu as tout pour être heureux ! », « Tu n’as pas de raisons de te plaindre ! », « Pense à tous ceux dans le monde qui souffrent vraiment ! » Car ces propos ne l’aide en rien.

    Lorsque tu aides, ne donnes pas…
    Evite de lui donner des exemples de ce qui t’es arrivé ou de ce qui est arrivé à d’autres, à moins que la personne suicidaire ne te le demande.

    Lorsque tu aides, ne te rends pas…
    Complice d’un malaise ou d’un projet suicidaire, par exemple en dissimulant des fugues, en faisant des choses à sa place sans expliquer pour quelle(s) raison(s).

    Ne mets jamais une personne suicidaire au défi de passer à l’acte !